De son nom complet : Hydratant corporel bleu irisé "Baume de tonka" pour Poétesse parisienne.

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Après mes déboires avec la cire N°2 d'AZ (ici et ici), j'ai décidé de revenir à un émulsifiant que je connais bien mieux et qui ne m'a jamais déçu : le sucrose stéarate d'AZ. J'ai juste osé un petit mélange avec du VE (glycéryl stéarate) pour épaissir un peu en vu d'avoir un lait épais voire une crème pompable. C'était sans compter sur les cétyl esters que j'ai dosés comme de l'alcool cétéarylique, donc trop peu dosés.

Dans ce lait, j'ai surtout voulu utiliser le minimum d'acide stéarique, pour éviter à tout pris cette fichue trace blanche qui semble bien me coller à la peau ces derniers temps, tout en aillant un résultat quand même épais. Les cétyl esters se sont imposés à moi d'emblée pour leur finesse et leur légèreté. Mais j'ai surtout vu dans ce lait l'occasion de faire une expérience qui me trottait dans la tête depuis un moment : épaissir avec du beurre de murumuru, que je considère presque comme un épaississant du fait de sa composition : c'est un beurre très dur (photo ci-après) presque entièrement constitué d'acides gras saturés.

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Surtout connu pour son affinité avec les protéines des cheveux, le beurre de murumuru a un profil d'acides gras très proche de l'huile de coco et en possède les mêmes vertus cosmétiques. En effet, sa richesse en acide laurique lui donne un glissant exceptionnel et une rondeur au toucher fort agréable. Il lisse et rend la peau soyeuse et douce. C'est un très bon émollient. Á ce propos, j'ai voulu renforcé l'aspect assouplissant de mon lait en ayant un forte proportion d'oméga 6.

Mais voyons maintenant si le murumuru est un bon épaississant :


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Pour le parfum, que j'ai choisi léger car je voulais me garder un flacon, j'ai voulu comme fil rouge la note fine, gourmande et si délicatement complexe de fève tonka dont je viens de recevoir un macérât sur coco fractionné divin au nez qui vient parfaitement compléter la teinture de tonka avec absolue de benjoin (Merci Venezia, ton nez est infaillible !).

J'ai voulu en faire un parfum de peau, tout doux, tout baumé. J'ai une fois de plus fait le mélange directement dans l'émulsion (il faut vraiment que j'arrête !) et j'en suis très déçu : je le trouve un peu médicamenteux (à cause du copaïba peut-être ?). Il manque la touche de vanille et peut-être d'ylang qui arrondit tout. Mais dans mes placard, plus d'ylang ! et je n'ai que de l'extrait de vanille qui colore en marron et là alors, il faudrait dire adieu au joli bleu layette que je voulais. Et vous me connaissez, je suis têtu quand je m'y mets (qui a dit trop souvent ?!)


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Je n'en ai offert qu'un flacon, à une seule princesse, poétesse à ses heures. J'ai simplement ajouté un peu de mica brillant, comme ici, pour qu'elle brille autant que son esprit.

Au final, ce lait est un peu trop liquide par rapport à ce que j'espérais, sans doute du fait du trop faible dosage en cétyl esters. Le murumuru tient bien son rôle d'adoucissant et texturisant, mais épaissit moins également que ce que je souhaitais. La prochaine fois, j'augmenterai sans doute la proportion de VE et de cétyl esters. pour avoir une texture un peu plus dense.

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La fluidité est également due pour partie à l'émulsifiant lui-même. Le sucrose stéarate semble donner des émulsions plus fluides qu'avec un autre émulsifiant. Et il faut y mettre une bonne dose d'épaississant pour densifier la texture.

L'avantage, c'est qu'on peut avoir de fortes proportions de phases huileuses dans un produit final fluide voire liquide, avec un réel effet "24h d'hydratation continue" (Merci Michèle pour l'expression !), et une pénétration et une finesse exceptionnelle

D'ailleurs, ce lait en particulier est une vraie merveille de finesse. Il ne colle pas, il n'y a vraiment aucun effet blanchâtre à l'application. La pénétration est exceptionnellement et extraordinairement rapide. Quand à l'étalement... hum... indescriptible. Est-ce dû à l'association des deux gommes, au murumuru, au silicone végétal ou au coco fractionné ? Un peu des quatre à mon avis, mais je n'ai jamais réussi une texture aussi belle avec le sucrose stéarate. C'est bien la première fois que je me retiens de me tartiner plusieurs fois par jours tant j'aime sa finesse.

Enfin, ce lait, même si son odeur ne me plait pas complètement à la sortie du flacon, laisse la peau délicatement parfumée, pas trop sucrée, et peu perceptible, comme je le voulais. Un vrai parfum de peau qui ne reste pas longtemps et se fond bien avec l'odeur de la peau.

Je crois que le parfum évolue encore. Mais place à ma testeuse privilégiée, qui me dira, je l'espère, ce qu'elle en pense. Je croise les doigts pour qu'il lui ait plu...