Voile

On dit souvent que l'émulsifiant olivoyl, plus connu sous le nom de cire olive douceur chez AZ, donne des crèmes fines mais plutôt épaisses, onctueuses, couvrantes et "confortables".

Je suis parti de ce constat pour élaborer un soin fluide et fondant, riche mais très léger et pénétrant, tout en accentuant le côté confortable et adoucissant. Intégrer la lécithine liquide s'est très vite imposer à moi pour conserver de la fluidité — et pour être fluide, c'est fluide ! — et pour accentuer l'aspect soyeux et riche sur la peau.

En fait, je ne connaissais, jusque là, que les crèmes d'Irène la douce. Je pensais donc que l'olivoyl, malgré sa finesse, donnait des crèmes épaisses. J'ai donc tout mis en œuvre pour conserver de la fluidité. Outre l'utilisation de la lécithine pour fluidifier,  j'ai éviter les beurres. Je n'ai utilisé qu'une faible proportion d'olivoyl et peu d'épaississants (indispensable pour moi cependant) mais plutôt des co-émulsifiants texturisants qui ne rigidifient pas l'émulsion mais apportent douceur et rondeur, en plus d'éviter un quelconque déphasage en corsetant l'émulsion.

 

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Peser la phase aqueuse (peser la cellulose à part). Faire se dissoudre l'allantoïne au bain-marie à 50°C.

Former le gel en ajoutant la cellulose en pluie et mixer fortement pour éviter les grumeaux jusqu'à formation du gel.


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Parallèlement, faire fondre le concentré de phytostérols d'avocat à ≈80°C dans l'huile de coco fractionné.

Lorsque le mélange est homogène, ajouter le jojoba, le substitut de lanoline et l'aox-cos. Maintenir à ≈70°C.

Á ≈70°C, ajouter l'olivoyl, hors bain-marie. Bien homogénéiser.

Porter la phase aqueuse à ≈70°C également.

Prévoir un bain d'eau froide.

Former l'émulsion au mixer en versant la phase huileuse tout doucement, par petite quantité ou en filet mince, dans la phase aqueuse. Ne procéder à l'émulsion que lorsque l'olivoyl est bien dissout et le mélange bien homogène. L'ensemble ne doit pas dépasser 70°C ; si tel est le cas, utiliser le bain-marie d'eau froide.

Ajouter la lécithine, l'huile d'olive, l'huile d'inca inchi et l'huile de pépins de raisin, mixer pour émulsionner et retirer aussi sec du bain-marie chaud, mixer quelques instants hors bain-marie, puis dans le bain-marie d'eau froide. Ainsi, on émulsionne à chaud, mais les huiles n'ont pas à supporter un long séjour à haute température.


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Sous ≈35-40°C, ajouter le reste de la troisième phase.

Corriger le pH si besoin avec de l'acide lactique.

Je mixe toujours au moins jusqu'à atteindre 40°C et souvent j'ajoute mes actifs au mixer. J'attends quelques heures voire le lendemain (je filme le bêcher) avant de conditionner en flacon ou en pot pour pouvoir débuller mes émulsions à la spatule en silicone.

 

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On obtient un lait très fluide, une lotion selon les uns, une eau lactée selon les autres. À l'application, il est très frais, très aqueux et laisse la peau soyeuse et souple, si douce, douce, douce... Il pénètre à la vitesse de l'éclair mais est relativement confortable. On peut le surdoser (j'ai essayé !) sans avoir aucune sensation de gras. Cela augmente même la fraicheur.

                   Quant au parfum, j'en suis également très satisfait. Il sied très bien à la fraicheur de ce lait : un tantinet sucré, très agrume et léger. Je l'ai élaboré autour du couple orange-patchouli en l'agrémentant de petit grain bigaradier et de bois de rose pour l'alléger et l'aérer :

 

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Au final, je crois que c'est un de mes meilleurs laits : riche, complexe, fluide et léger à l'application mais avec un confort surprenant pour une telle texture. Je pense qu'il pourrait réconcilier les personnes qui aiment les crèmes confortables avec les laits. Un vrai plaisir décadent !

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