Art Essence - by Yulaan

mercredi 28 avril 2010

Ce n'est pas une fin, mais un commencement...

Vous l'aurez remarqué, mon blog n'est pas très actif. Je n'ai en effet que peu de temps à lui consacrer bien que les tests cosmétiques et savonnesques aillent bon train. Mais tout ne mérite pas d'être publié. Ce ne sont en effet que des tests pour la plupart.

Aussi, je vous annonce la fermeture d'Art Essence. Définitive ? Je n'en sais rien. L'avenir le dira. Mais cela ne signifie en aucun cas que je vais arrêter de partager mes découvertes, aussi maigres soient-elles.

Vous pourrez donc me retrouver sur le merveilleux blog collectif Potions & Chaudrons où la tribu des joyeuses sorcières princesses cosméteuses et savonnières un peu folles a décidé de m'accueillir.

Ainsi, une nouvelle aventure commence, vous voulez en faire partie ? C'est par ici...


Yulaan

Posté par Yulaan à 17:03 - - Commentaires [7] - Permalien [#]

mardi 6 avril 2010

Voile de soie pour le corps : Lotion hydratante riche et soyeuse Orange-Patchouli

Voile

On dit souvent que l'émulsifiant olivoyl, plus connu sous le nom de cire olive douceur chez AZ, donne des crèmes fines mais plutôt épaisses, onctueuses, couvrantes et "confortables".

Je suis parti de ce constat pour élaborer un soin fluide et fondant, riche mais très léger et pénétrant, tout en accentuant le côté confortable et adoucissant. Intégrer la lécithine liquide s'est très vite imposer à moi pour conserver de la fluidité — et pour être fluide, c'est fluide ! — et pour accentuer l'aspect soyeux et riche sur la peau.

En fait, je ne connaissais, jusque là, que les crèmes d'Irène la douce. Je pensais donc que l'olivoyl, malgré sa finesse, donnait des crèmes épaisses. J'ai donc tout mis en œuvre pour conserver de la fluidité. Outre l'utilisation de la lécithine pour fluidifier,  j'ai éviter les beurres. Je n'ai utilisé qu'une faible proportion d'olivoyl et peu d'épaississants (indispensable pour moi cependant) mais plutôt des co-émulsifiants texturisants qui ne rigidifient pas l'émulsion mais apportent douceur et rondeur, en plus d'éviter un quelconque déphasage en corsetant l'émulsion.

 

Voile

Peser la phase aqueuse (peser la cellulose à part). Faire se dissoudre l'allantoïne au bain-marie à 50°C.

Former le gel en ajoutant la cellulose en pluie et mixer fortement pour éviter les grumeaux jusqu'à formation du gel.


Voile

Parallèlement, faire fondre le concentré de phytostérols d'avocat à ≈80°C dans l'huile de coco fractionné.

Lorsque le mélange est homogène, ajouter le jojoba, le substitut de lanoline et l'aox-cos. Maintenir à ≈70°C.

Á ≈70°C, ajouter l'olivoyl, hors bain-marie. Bien homogénéiser.

Porter la phase aqueuse à ≈70°C également.

Prévoir un bain d'eau froide.

Former l'émulsion au mixer en versant la phase huileuse tout doucement, par petite quantité ou en filet mince, dans la phase aqueuse. Ne procéder à l'émulsion que lorsque l'olivoyl est bien dissout et le mélange bien homogène. L'ensemble ne doit pas dépasser 70°C ; si tel est le cas, utiliser le bain-marie d'eau froide.

Ajouter la lécithine, l'huile d'olive, l'huile d'inca inchi et l'huile de pépins de raisin, mixer pour émulsionner et retirer aussi sec du bain-marie chaud, mixer quelques instants hors bain-marie, puis dans le bain-marie d'eau froide. Ainsi, on émulsionne à chaud, mais les huiles n'ont pas à supporter un long séjour à haute température.


Voile

Sous ≈35-40°C, ajouter le reste de la troisième phase.

Corriger le pH si besoin avec de l'acide lactique.

Je mixe toujours au moins jusqu'à atteindre 40°C et souvent j'ajoute mes actifs au mixer. J'attends quelques heures voire le lendemain (je filme le bêcher) avant de conditionner en flacon ou en pot pour pouvoir débuller mes émulsions à la spatule en silicone.

 

Voile

On obtient un lait très fluide, une lotion selon les uns, une eau lactée selon les autres. À l'application, il est très frais, très aqueux et laisse la peau soyeuse et souple, si douce, douce, douce... Il pénètre à la vitesse de l'éclair mais est relativement confortable. On peut le surdoser (j'ai essayé !) sans avoir aucune sensation de gras. Cela augmente même la fraicheur.

                   Quant au parfum, j'en suis également très satisfait. Il sied très bien à la fraicheur de ce lait : un tantinet sucré, très agrume et léger. Je l'ai élaboré autour du couple orange-patchouli en l'agrémentant de petit grain bigaradier et de bois de rose pour l'alléger et l'aérer :

 

Voile

 

Au final, je crois que c'est un de mes meilleurs laits : riche, complexe, fluide et léger à l'application mais avec un confort surprenant pour une telle texture. Je pense qu'il pourrait réconcilier les personnes qui aiment les crèmes confortables avec les laits. Un vrai plaisir décadent !

Voile

mardi 9 mars 2010

Shampooing douceur au conditionner emulsifier

Shampooing

J'ai reçu dernièrement un délicieux shampooing à la guar conditionnante. Je surf sur la même vague aujourd'hui pour vous proposer moi aussi un shampooing, non pas réalisé à la gomme guar conditionnante, mais au conditionner emulsifier à la façon décrite par AZ sur la fiche de cet ingrédient.

Le conditionner emulsifier est donc l'ingrédient-clé de ce shampooing. Il gaine le cheveux au même titre que la guar conditionnante. Il est possible de le disperser en phase aqueuse acidifiée (pH≈4-5). Il se transforme alors en conditioneur pour les cheveux. Un conditionneur est indispensable pour toutes les chevelures, qu'elles soient sèches mais également grasses. Même les racines grasses auraient intérêt à utiliser un produit conditionneur car, en gainant le cheveux, en refermant les écailles, ce type de soins permet au sébum de mieux s'écouler jusqu'aux pointes. Brillance, hydratation et légèreté assurée !

                    Ici, j'ai formulé simplement, avec peu d'actifs mais de bons hydrolats préconisés pour embellir et traiter les cheveux qui trainent depuis un moment dans mon frigo (et ça, ça ne plait pas à tout le monde, que le frigo soit envahi d'ingrédients cosmétiques. Donc faut écouler le stock !).

J'ai choisi tout d'abord l'hydrolat de romarin à verbénone réputé être séborégulateur, ce qui est tout indiqué pour ne pas avoir les cheveux gras ou les racines grasses. Il est en outre préconisé contre la chute des cheveux et les pellicules. Donc que du bonheur jusqu'ici, à par l'odeur, très herbacée. Mais nous, on a pas peur de sentir (bon) les plantes !

J'ai également intégré de l'hydrolat de sauge officinale, que l'on dit également séborégulatrice. Et tout le monde sait que la sauge est une panacée pour les cheveux, comme le cèdre et l'ylang d'ailleurs.

Ces deux hydrolats peuvent être remplacés par celui d'ylang, si l'on veut une odeur plus agréable et moins herbacée, et/ou simplement par de l'eau.

                    Côté actifs, peu de chose comme je l'ai dit. De la phytokératine, en bonne proportion car je n'aime pas son odeur dans les produits qu'on ne rince pas. Ce sont des protéines de blé hydrolysées qui nourrissent le cheveux et limite la déshydratation.

Le D-panthénol (provitamine B5) a été introduite également en bonne proportion pour protéger les cheveux du lavage fréquent, mais également pour leur donner de l'éclat. C'est un très bon actif réparateur et hydratant, selon moi indispensable pour tout soin capillaire.

Enfin, j'ai introduit de l'allantoïne pour traiter et apaiser le cuir chevelu passablement mis à mal par les tensio-actifs et par l'eau très calcaire de Paris.

                     En ce qui concerne les tensio-actifs justement, j'utilise les bases AZ et je me suis complètement inspiré des proportions de Michèle, à la seule différence que je n'ai plus que de la douceur de coco et la base douceur après certaines péripéties qui sont arrivées à mon flacon de base consistance : J'avais une sorte de bi-phasé dans le flacon, comme si une partie s'était solidifié. J'ai voulu reliquéfier le tout à même la bouteille. Résultat, la bouteille a fondu dans l'eau, elle ne tenait plus debout et au final, le bouchon s'est à moitié dévissé et de l'eau s'est introduit dans le flacon, rendant inutilisable son contenu. Poubelle !

Donc pas de base consistance, mais une forte proportion de base douceur, justifiant d'autant plus les actifs réparateurs. Mais ce shampooing était un essai, et je suis têtu, je ne me laisse pas démonter pour si peu. Voilà donc ce que ça donne au final :


Shampooing

Dissoudre la phytokératine dans l'hydrolat et ajouter le conservateur. Réserver. Agiter de temps à autre. La phytokératine va se dissoudre petit à petit à l'hydrolat.

Shampooing


Shampooing

Peser et mélanger tous les ingrédients au bain-marie entre 40 et 50°C. L'étape du chauffage est d'autant plus indispensable si on utilise de la base moussante consistance (à hauteur de 10 % à retirer de la base douceur) pour la liquéfier et rendre le mélange transparent.


Shampooing

Peser l'eau et la glycérine, et y dissoudre l'allantoïne au delà de 40°C.

Ajouter le Conditionner Emulsifier. Attendre que le CE monte en température et ajouter l'acide l'actique. Chauffer au bain-marie jusqu'à dissolution complète du CE (point de fusion ≈ 70°C). Il est parfois nécessaire d'acidifier un peu plus la préparation pour disperser complètement le CE en ajoutant davantage d'acide l'actique.

Shampooing

Verser doucement C dans B en mélangeant à la spatule en silicone sans faire mousser. Conserver à 40°C.

Ajouter ± d'acide lactique (q.s.p. pH≈4,5) pour dispercer à nouveau le CE s'il précipite (les tensio-actifs augmentent le pH), et pour avoir un pH neutre pour les cheveux.

Le mélange doit être homogène.

Shampooing


Shampooing

Ajouter la phase A puis la phase D en mélangeant toujours sans faire mousser. Cela devrait avoir tendance à liquéfier la préparation.

Shampooing

Couler en flacon désinfecté.

   

On obtient au final un shampooing complètement translucide, légèrement orangé-jaune à cause de la phytokératine. Je suis ravi du résultat qui fait très professionnel dans le flacon du fait de cette transparence et cette limpidité. En effet, sans base consistance, mon résultat est assez liquide et toutes les bulles sont remontées.

Sur les cheveux, il s'avère très agréable mais ne mousse quasiment pas puisque je n'ai aucun ingrédient booster de mousse comme la mousse de sucre (AZ), la mousse de babassu (AZ) ou le SLSA (Les Utiles de Zinette). En revanche, il lave parfaitement les cheveux et les laisse doux et soyeux. J'ai même l'impression que, comparé au shampooing de Michèle à la guar conditionnante, il leur donne davantage de légèreté et de volume.

Shampooing

Je l'ai également testé sur la peau : elle est toute douce et satinée. Aucun effet collant, on peut appliquer une crème tout de suite après sans avoir de difficultés particulières pour la faire pénétrer. Je dois avouer que c'est même très agréable car, comme ça ne mousse quasiment pas, que c'est assez liquide et que la peau est douce et soyeuse après la douche, cela ressemble beaucoup à une huile de douche ! La couleur augmente aussi la ressemblance.

                    Pour le parfum, j'ai utilisé un mélange préparé il y a quelques semaines et dont je n'avais pas aimé le rendu pour une crème corporelle. Dans ce soin, il est parfaitement adéquate.


Shampooing


J'ajoute que, finalement, on ne sent presque pas les hydrolats, même si je les soupçonne de composer avec les huiles essentielles pour le rendu final du parfum. Surtout, la grande surprise, on ne sent pas du tout la phytokératine dont l'odeur est pourtant très forte d'ordinaire. Mais ne me demandez pas pourquoi, j'en n'en sais rien du tout ! Mais tant mieux.

En tout cas, pour un essai, j'en suis très content. Je pense simplement ajouter de la base moussante consistance la prochaine fois (10%), de la mousse de sucre ou de babassu (5-10%) et augmenter le conditionner emulsifier à 5%. Là je pense que j'aurai la consistance parfaite.

samedi 20 février 2010

Beurre corporel No. 1

Beurre

Je sais, j'ai un métro de retard. Les expériences sur les beurres corporels étaient à la mode l'été dernier (ici, , et encore par exemple). Mais je continue mes expériences avec le sucrose stéarate et j'ai décidé de pousser les limites de cet émulsifiant dont on dit qu'il produit des émulsions plutôt fluides en réalisant un beurre corporel.

Je voulais également qu'il n'y ai que des sucro- et glycéro-esters dans ce beurre. Pourtant, il semblerait que les beurres corporels réclament d'utiliser un émulsifiant PEG quand on ne veut pas trop de lourdeur. Je ne suis pas particulièrement réfractaire aux PEG, ni particulièrement engagé en matière de cosmétiques naturels, mais c'était un défi pour moi de trouver une formule facile à reproduire, avec des émulsifiants communs sans pour autant avoir une chose grasse et lourdingue.

J'aimerais Je veux une texture qui soit très fine et "nuageuse" au toucher même si elle est ferme et dense. Et en aucun cas mousseuse.
Je ne sais pas si je suis clair : imaginez une texture fine et évanescente, qui fonde sur la peau en la laissant non grasse. Ça se doit de n'être pas (ou peu) filmogène, dense, ferme, mais vraiment pas lourdingue.

Et il me faut aussi éviter les traces blanches à l'application. Je veux du glissant ! Je n'aime pas passer des heures à me tartiner et masser pour que ça pénètre !
Et bien entendu, il faut que ça reste léger malgré la proportion de gras.

La tâche n'est pas aisée puisque je n'ai pas l'habitude de telles proportions de gras ni de telles textures. Je vous mets tout de suite la formule, avant de m'expliquer sur mes choix.


Beurre

Beurre

Beurre


- Procédé à l'émulsion à chaud comme d'habitude (je pense qu'on peu introduire l'huile de pépins de raisin et l'huile d'inca inchi lorsque c'est tiède, ou pour refroidir la préparation).

- Attention, n'introduisez l'acide lactique que lorsque l'émulsion est bien froid sous peine d'instabilité (notamment avec le sucrose stéarate.

- La crème épaissit encore pendant plusieurs jours et la texture final n'arrive qu'à ce moment-là, alors pas de conclusions hâtives.

BeurreBeurreBeurreBeurre

 

J'ai donc bétonné en huiles très fines et glissantes (coco fractionné et squalane, qui apporte également des phytostérols), et en épaississants en croisant les différents acides gras saturés, et en évitant le plus possible le stéarique :
         - cétyl esters très fins. Je pense qu'ils peuvent être remplacés aisément par de l'alcool béhénylique ou du cétyl palmitate (pourquoi pas les deux ?!), éventuellement par de l'alcool cétéarylique (si vous essayez, vous me dites ?)
         - alcool cétylique.
         - beurre de murumuru pour l'acide laurique qui apporte glissant et rondeur. (ou beurre de coco pour ceux qui ne disposeraient pas de ce beurre).
         - cire de soja non OGM, plus fine et moins filmogène que la cire d'abeille. C'est en fait de l'huile de soja hydrogénée qui peut être facilement remplacée par une autre cire non grasse comme la jojoba wax ou la cire d'olive.
         - le glycéryl stéarate (VE) que je considère surtout comme un épaississant davantage que comme un émulsifiant même si je compte sur cette qualité pour apporter un plus par rapport à l'acide stéarique simple (qui peut sans doute se substitué au VE dans cette formule quand on ne dispose pas de celui-ci).

Je voulais également que mon beurre soit nourrissant. J'ai mis d'emblée une forte proportion de karité, en m'inspirant d'un beurre corporel non publié de Michèle encore plus riche encore en karité (13% !). Et j'ai complété par des huiles fortement poly-insaturés pour leur finesse et leur légèreté, et pour croiser les acides gras insaturés.

J'avais mis une plus grande proportion d'huiles "complètes" au début (11%) mais devant le cahier des charges, la glissabilité et la finesse souhaitée, j'ai suivi le conseil de Michèle pour éviter toute lourdeur en n'en mettant que 5%. J'ai résonné dans l'ensemble pour avoir une crème traitante, mais légère avant tout. Comme me l'a écrit Michèle (et je trouve que c'est important de comprendre ça), "on peut faire ça sans bétonner en gras ni en gras seulement nourrissants".

                    Côté parfum, j'ai fais du simple. Directement dans le pot ! Au final, je trouve le parfum... beurré. Cela sied comme un gant à la texture. Je regrette juste de ne pas en avoir mis 2% car il ne reste pas du tout sur la peau. Comme je ne savais pas si ce beurre serait une réussite ou un désastre, j'ai utilisé des huiles courantes :

 

Beurre
   

                    La texture est exactement comme je le voulais au final. Fine, épaisse mais évanescente. Elle n'est pas mousseuse et sans bulle. J'ai en effet monté mon émulsion au mixer — et j'ai bataillé pour ne pas introduire d'air — puis dès la barre des 55-50°C, j'ai pris ma spatule en silicone et je me suis armé de patience. Une fois refroidi, j'ai laissé dans le bécher jusqu'au lendemain, et j'ai re-malaxé pour affiner encore, débuller encore, lisser encore et encore la texture. J'ai mis en pot et j'ai à nouveau triturer à même le pot le jour suivant. Et je vous le dis, le jeu en vaut la chandelle ! Sur les photos, la texture semble moins beurrée qu'elle ne l'est en réalité.

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                    La pénétration est optimale. Je n'ai même pas mis d'arrow-root alors que c'est un réflexe avec le sucrose stéarate. Il n'y en a pas du tout besoin. La peau ne poisse pas, elle est juste douce et souple. Et pourtant, je préfère d'habitude les laits au crèmes et aux beurres, mais là... Ce beurre est en train de vaincre mes appréhensions pour les phases huileuses élevées et les crèmes épaisses.

Ce beurre fait vraiment également parti de mes réussites, au même titre que le lait bleu à la fève tonka. Il est de ces formules que j'aime refaire, et que j'ai envie de refaire. Je crois que j'ajouterai sans doute du sea silk et éventuellement du silicium organique, voire un chouia (1%) de concentré de phytostérols d'avocat dans une prochaine version. Mais je ne toucherai à rien d'autre. Il est déjà parfait comme cela. Ces ajouts seront là pour transformer cette réussite en un vrai rêve de fondant, de glissant et de douceur. Je ne sais vraiment pas quoi dire d'autre pour vous convaincre de tenter l'expérience. Vous ne le regretterez pas !

Beurre

mardi 9 février 2010

Hydratant corporel bleu "Baume de tonka"

De son nom complet : Hydratant corporel bleu irisé "Baume de tonka" pour Poétesse parisienne.

Lait

Après mes déboires avec la cire N°2 d'AZ (ici et ici), j'ai décidé de revenir à un émulsifiant que je connais bien mieux et qui ne m'a jamais déçu : le sucrose stéarate d'AZ. J'ai juste osé un petit mélange avec du VE (glycéryl stéarate) pour épaissir un peu en vu d'avoir un lait épais voire une crème pompable. C'était sans compter sur les cétyl esters que j'ai dosés comme de l'alcool cétéarylique, donc trop peu dosés.

Dans ce lait, j'ai surtout voulu utiliser le minimum d'acide stéarique, pour éviter à tout pris cette fichue trace blanche qui semble bien me coller à la peau ces derniers temps, tout en aillant un résultat quand même épais. Les cétyl esters se sont imposés à moi d'emblée pour leur finesse et leur légèreté. Mais j'ai surtout vu dans ce lait l'occasion de faire une expérience qui me trottait dans la tête depuis un moment : épaissir avec du beurre de murumuru, que je considère presque comme un épaississant du fait de sa composition : c'est un beurre très dur (photo ci-après) presque entièrement constitué d'acides gras saturés.

Lait

Surtout connu pour son affinité avec les protéines des cheveux, le beurre de murumuru a un profil d'acides gras très proche de l'huile de coco et en possède les mêmes vertus cosmétiques. En effet, sa richesse en acide laurique lui donne un glissant exceptionnel et une rondeur au toucher fort agréable. Il lisse et rend la peau soyeuse et douce. C'est un très bon émollient. Á ce propos, j'ai voulu renforcé l'aspect assouplissant de mon lait en ayant un forte proportion d'oméga 6.

Mais voyons maintenant si le murumuru est un bon épaississant :


Lait


Lait


Lait


Pour le parfum, que j'ai choisi léger car je voulais me garder un flacon, j'ai voulu comme fil rouge la note fine, gourmande et si délicatement complexe de fève tonka dont je viens de recevoir un macérât sur coco fractionné divin au nez qui vient parfaitement compléter la teinture de tonka avec absolue de benjoin (Merci Venezia, ton nez est infaillible !).

J'ai voulu en faire un parfum de peau, tout doux, tout baumé. J'ai une fois de plus fait le mélange directement dans l'émulsion (il faut vraiment que j'arrête !) et j'en suis très déçu : je le trouve un peu médicamenteux (à cause du copaïba peut-être ?). Il manque la touche de vanille et peut-être d'ylang qui arrondit tout. Mais dans mes placard, plus d'ylang ! et je n'ai que de l'extrait de vanille qui colore en marron et là alors, il faudrait dire adieu au joli bleu layette que je voulais. Et vous me connaissez, je suis têtu quand je m'y mets (qui a dit trop souvent ?!)


Lait


Je n'en ai offert qu'un flacon, à une seule princesse, poétesse à ses heures. J'ai simplement ajouté un peu de mica brillant, comme ici, pour qu'elle brille autant que son esprit.

Au final, ce lait est un peu trop liquide par rapport à ce que j'espérais, sans doute du fait du trop faible dosage en cétyl esters. Le murumuru tient bien son rôle d'adoucissant et texturisant, mais épaissit moins également que ce que je souhaitais. La prochaine fois, j'augmenterai sans doute la proportion de VE et de cétyl esters. pour avoir une texture un peu plus dense.

Lait

La fluidité est également due pour partie à l'émulsifiant lui-même. Le sucrose stéarate semble donner des émulsions plus fluides qu'avec un autre émulsifiant. Et il faut y mettre une bonne dose d'épaississant pour densifier la texture.

L'avantage, c'est qu'on peut avoir de fortes proportions de phases huileuses dans un produit final fluide voire liquide, avec un réel effet "24h d'hydratation continue" (Merci Michèle pour l'expression !), et une pénétration et une finesse exceptionnelle

D'ailleurs, ce lait en particulier est une vraie merveille de finesse. Il ne colle pas, il n'y a vraiment aucun effet blanchâtre à l'application. La pénétration est exceptionnellement et extraordinairement rapide. Quand à l'étalement... hum... indescriptible. Est-ce dû à l'association des deux gommes, au murumuru, au silicone végétal ou au coco fractionné ? Un peu des quatre à mon avis, mais je n'ai jamais réussi une texture aussi belle avec le sucrose stéarate. C'est bien la première fois que je me retiens de me tartiner plusieurs fois par jours tant j'aime sa finesse.

Enfin, ce lait, même si son odeur ne me plait pas complètement à la sortie du flacon, laisse la peau délicatement parfumée, pas trop sucrée, et peu perceptible, comme je le voulais. Un vrai parfum de peau qui ne reste pas longtemps et se fond bien avec l'odeur de la peau.

Je crois que le parfum évolue encore. Mais place à ma testeuse privilégiée, qui me dira, je l'espère, ce qu'elle en pense. Je croise les doigts pour qu'il lui ait plu...